Présentation

Jeudi 28 septembre 2006 4 28 /09 /2006 20:04

 

 

a)    Les médias : entre information et allégence

Le rôle des médias est bien-sûr d’une importance capitale en ce qui concerne la perception, à la fois extérieure et intérieure du conflit. Dans les différentes analyses[1] faites sur ce rôle des médias en Irlande du nord, deux courants ressortent.  Tout d’abord le degré de soutien que les médias britanniques, irlandais et internationaux ont donné à des acteurs politiques particuliers (comme le gouvernement britannique et l’IRA). Une vision partisane consciente donc et dans de nombreux cas, construite dans des buts politiques définis. (Notamment ceux du gouvernement britannique). Le second courant argumente que le rôle des médias notamment internationaux n’a pas été orienté consciemment, que le fait de taire certains évènements et d’en surexposer d’autres était le fait même de la situation de crise et d’actions individuelles. Il y a probablement du vrai dans les deux. On ne peut nier que le gouvernement britannique a largement utilisé la presse, par exemple pour les besoins de l’instauration du processus de paix (comme on l’a vu plus haut). Cela ne permet tout de même pas de crier au complot international. Le pays étant lui-même divisé, il est extrêment facile de tomber sans l’avoir voulu dans une vision partisane du conflit. Quand on sait que le fait d’utiliser un terme ou un autre pour désigner la province est déjà un signe d’allégence politique et communautaire, il n’est pas évident, voire quasiment impossible, de rendre compte en quelques lignes et de manière impartiale d’un événement en Irlande du nord.

 

 

Cependant personne ne nie l’influence des médias que se soit de manière consciente ou inconsciente sur la perception du conflit. En Irlande du nord, la presse est divisée, comme l’explique John O’Farell dans son article « Divided people, divided press »[2], il existe dans le pays une grande variété de journaux qui sont, plus ou moins assimilés à l’une ou l’autre communauté. Par exemple dans la ville de belfast il y a trois journaux quotidiens : le News letter, The irish news et le Belfast telegraph. Le News letter prend un point de vue unioniste entre la droite de l’Ulster Unionist Party et le Democratic unionist party the Ian Paisley. The irish news a un point de vue nationaliste républicain mais condamne les pratiques violentes de l’IRA. Le Belfast Telegraph est un journal qui tend plutôt vers un point de vue unioniste mais permet réguliérement l’intégration d’articles des deux points de vue (ainsi que le courier des lecteurs, dans lequel les représentants des deux communautés peuvent s’exprimer). On retrouve le même type de division à travers les journaux et les radios de l’ensemble du pays. Cela pose bien-sûr la question de la justesse des informations, ou comment, dans ce cas précis, un fait apparement objectif et anodin peut prendre rapidement une dimension politique, ethnique et religieuse suivant les différentes médiations qu’il rencontre pendant sa mise en forme publique.

 

Cette question mériterai qu’on s’y attarde beaucoup plus longuement, mais il n’est pas lieu de le faire ici. On peut cependant s’attarder sur quelques points pertinents qui présentent un intérêt par rapport à ce sujet. On ne peut nier que l’Irlande du nord est aujourd’hui largement boudée par les médias internationaux. Ceux-ci se sont très largement désintéressés de la question nord-irlandaise à la suite de l’échec du processus de paix. Ce silence médiatique international blesse les nord-irlandais qui regrettent que le reste du monde se moque de leur sort et en même temps, le battage médiatique fait autour de certains évènements est dénoncé par les nord-irlandais comme très souvent biaisé, voir faux ou mal compris. Par exemple, les médias du monde entier se sont déplacé pour observer les troubles autour de l’école de Holy Cross, cette pression médiatique a eu un effet direct sur cet événement et sur sa durée car, comme le confie les habitants de Glebryn : « personne ne voulait céder devant les caméras du monde entier ». Cependant, la lecture médiatique de l’événement a été complétement erronée. Les médias y ont vu une bataille de fanatiques religieux (dans un contexte propice : juste après les attentats du 11 septembre aux Etats-Unis) quand il s’agissait en fait d’une bataille de territoire entre deux groupes paramilitaires distincts. Ceux qui souhaitaient expliquer que ces troubles n’avait qu’une dimension religieuse moindre n’ont pas été écouté.

 

 

b)    Traitement du conflit dans le cinema nord-irlandais

 

Il est aussi intéressant d’analyser la place du cinema dans la perception du conflit. On peut remarquer que la production cinématographique des nord-irlandais les concernant est considérable, même si elle a été plutôt tardive. Certains films ou documentaires ont même largement dépassés les frontières des îles britanniques et ont été par là même des succés de « box office ». On peut s’interroger sur la réalité que ces films décrivent et la perception de celle-ci à l’étranger. Le premier constat que l’on peut faire est que, les films les plus connus s’attardent le plus souvent à montrer des événements touchant la communauté catholique Bloody Sunday, In the name of the father, Omagh, Holy Cross[3] pour ne citer que ceux-là. Cela ne signifie pas qu’ils présentent un point de vue biaisé sur ces évènements, car surtout concernant Bloody Sunday, Holy cross et Omagh fictions-documentaires à caractére anthropologique ont fait l’objet d’études très poussées et relatent des faits les plus objectifs possibles. Ils font cependant l’objet d’un point de vue, non seulement à partir du choix du sujet abordé et de celui du « héro » que l’on suit tout au long de l’intrigue. Ces films ont très largement contribués à présenter aux yeux du monde la communauté catholique comme « martyr » et la communauté protestante et britannique comme des bourreaux.

 

V. ( femme, protestante) :

 

« Oui, Bloody Sunday, c’est tout ce dont les gens parlent en France ! Ils l’ont montré à la télé récemment et plein de gens sont venus me voir à la fac, parce qu’ils croient que je suis irlandaise, pour me dire tout le mal qu’ils pensaient des Anglais ! Je peux te dire ça leur a fait drôle quand je leur ai dit que j’étais britannique ! Mais tu vois c’est vraiment un truc qui m’énerve ! Pourquoi Ils ne montrent pas des films qui parlent du Bloody Friday [4]? Et puis, ce film, il ne montre pas l’IRA comme elle est vraiment ! Je veux dire… Cesont des meurtriers quoi ! »

 B. (Homme, catholique) :

 

« Ceux qui disent cela sont vraiment stupides ! Ce n’est pas un film contre les protestants ! Eux ils voient le mal partout, ils croient que tous le monde veut les attaquer constamment ! Il faudrait qu’ils arrêtent de se prendre pour des anglais et leur réputation s’améliorerai ! (rires) Non mais sans blague, Ivan Cooper était le leader du mouvement des droits civiques des catholiques et il était protestant bordel ! Et des mecs comme lui il y en a eu d’autres ! Je veux dire, c’est pas noir ou blanc… »

 

 

On peut remarquer aussi que le film Bloody Sunday est  très riche en information sur la société nord-irlandaise. Le réalisateur en partant d’un événement particulier se déroulant sur une journée à un moment historique donné, tente de représenter l’ensemble des enjeux qui sous-tendent la société nord-irlandaise. Ce film n’est probablement pleinement compréhensible que pour les nord-irlandais eux-mêmes (à qui il est destiné à la base) et aux initiés qui connaissent bien ce pays. J’ai remarqué que la traduction française éludait de nombreux termes utilisés pour décrire certains acteurs du film (et de l’Histoire). Notamment, lorsqu’il est fait allusion à l’UVF, par exemple, la principale milice paramilitaire protestante, la traduction française évoque « les paramilitaires » un terme bien vague et qui peut porter à confusion (puisqu’il est aussi fait mention des « paras » les parachutistes britanniques ici en intervention). En paralléle, l’IRA (le pendant catholique de l’UVF) est nommée comme tel. Cela confirme bien que certains éléments relatifs au conflit et perçus de l’extérieur sont plus « connus » sans pour autant que cela traduisent une quelconque prise de partie de la part (dans le cas présent) des traducteurs du film.

 

Face à une justice inefficace à certains niveaux, le cinéma a joué un rôle considérable dans la reconnaissance des souffrances subies par la population à travers le conflit et la dénonciation publique des crimes commis. Le film Bloody Sunday par exemple, dénonce le meutre de treize catholiques par l’armée britannique, les soldats ayant perpétré ces meutres n’étant pas tombé sous le coup de la justice. La réalisation même du film, était un projet émanant de représentants des deux communautés. En effet, la plupart des figurants et des acteurs sont non professionnels et sont des habitants de Derry ayant vécu le Bloody Sunday. Certains acteurs représentant les militaires britanniques incarnent leur propre rôle. Le film Omagh qui s’attarde sur la tragédie de cette bombe qui explosa en 1998 dénonce l’inefficacité de la justice nord-irlandaise face cet événement, l’une des bombes les plus meurtrière qu’ai connu le pays.

 



[1] BRAIRNER ALAN, 1996, “The media”, chapitre 9, in, Aughey Arthur, Morrow Duncan, “Northern Ireland Politics”. Harlow: Longman Group. 247 p.

[2] O'Farrell John, 1998, « Divided people, Divided press : interpreting the poisonous silences in a fratured society », Media Studies Journal, Volum, (no 2, Sprin): p 97.

[3] Bloody Sunday, 2002, Paul Greengrass, Royaume Uni / Irlande. Omagh, 2005, Pete Travis, Grande Bretagne / Irlande. In the name of the father (Au nom du pére), 1994, Jim Sheridan, USA. Holy Cross, 2003, Mark Brozel, Grande Bretagne / Irlande.  

 

[4] L’après-midi du 21 juillet 1972 à Belfast et dans ses environs, un total de 22 bombes étaient déposées par l’IRA. A la suite de ces explosions, 9 personnes furent tuées (dont 7 protestants) et plus de 130 personnes gravement blessées.

Par Julie - Publié dans : Anthropologie du conflit nord-irlandais
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Jeudi 28 septembre 2006 4 28 /09 /2006 19:34

 

                                             a)    Réforme de la police

Il est inscrit dans l’accord du Vendredi Saint de 1998[1] notamment la réforme de la

Police (anciennement RUC : Royal Ulster Constabulary) qui deviendra à partir de 1998 la PSNI (Police service of Northern Ireland), ainsi que la réforme du systéme judiciaire, cela afin d’atténuer la corruption dans ces institutions et d’assainir la pratique de la justice à différents niveaux.

La RUC, police dite : « anti-terroriste » dans un pays en état de guerre devra donc laisser place à la PSNI, nouvelle police d’un pays en paix et qui devra donc, entre autre, respecter la charte des droits de l’homme. En effet, le statut de police anti-terroriste donnait précédemment une très grande liberté d’action à celle-ci et ayant malheuresement conduit en trente ans à de nombreuses et tragiques bavures. Il faut aussi préciser que les hommes de la RUC et leurs familles étaient bien évidemment les cibles favorites des terroristes des deux bords et que l’on compte aussi de très nombreuses pertes dans les rangs de la police.

            Lorsque j’interrogeais un policier protestant sur ce qu’il pensait de cette réforme, il m’explica en ces termes :

« […]  Comme par exemple je suis dans la RUC ok… Non, merde, dans la PSNI, de toute façon, c’est pareil. J’ai été dans la RUC pendant vingt ans ok,  je sais que le père de B. en était aussi. Je connais X, il était dans la même promotion que son père à l’école de police… Mon père était dans la police aussi, comme mes oncles et mes cousins. T’as entendu parler du processus de paix ? Ok, les mecs ont signé un papier ok, et puis ils nous ont dit : « Maintenant nous sommes en paix messieurs, alors faisons une nouvelle police ! » Mais tout ça ce n’est qu’une blague crois moi…  Rien n’a vraiment changé, je peux te le dire… Les choses vont un peu mieux, il faut le dire, mais je dois faire face à la même merde tous les jours, et je peux te dire que ces gars à qui je dois faire face sont de vrais connards et ils n’ont rien changé à leur conneries, tu vois… Ils sont exactement les mêmes connards, avec les mêmes putains de  révolvers et la même putain de merde dans le cerveau, tu vois ? Je veux dire… Maintenant ils nous disent « Bon, nous sommes la PSNI les mecs, alors vous devez respecter les droits de l’homme ok ? » Qu’est ce que c’est que ce bordel les droits de l’homme ? Les droits de l’homme mon cul oui ! On a été une putain de police anti-terroriste pendant 40 ans et maintenant ils nous disent : « messieurs vous devez respecter les droits de l’homme ! » Mon cul ouais… Les mecs en face de nous ils ne respectent pas les droits de l’homme, je peux te le dire, ils en ont rien à foutre. »

Lorsque je lui demandai s’il estimait que le pays était toujours en guerre il me répondit :

« Je ne sais pas, ça dépend, comme je l’ai dit, nous faisons toujours face aux mêmes personnes, mais je pense que les enjeux ne sont plus exactement les mêmes tu vois ? Ils ont leur buissness et ils veulent être sûrs que ça marche comme ils le veulent et protéger leurs intérêts sans faire trop de vagues, c’est un peu comme un grand jeu et ils essaient d’être sûrs que tous le monde est ok avec le buissness. »

 

Comme on l’a déjà dit auparavant, la paix ne s’instaure pas par traité, et les propos de ce policier nous renseignent sur son état d’esprit par rapport au processus de paix. Dans son quotidien de policier de proximité il fait toujours face à la même violence et à la même criminalité, même si, comme il le précise, les enjeux idéologiques et politiques se sont agrémentés, voire, ont laissé la place à des enjeux financiers.

b)    Réforme de la justice

En ce qui concerne la réforme de la justice[2] en Irlande du nord, le traité de paix n’a pu être réalisé qu’en échange « d’arrangements » conclus entre les différentes milices paramilitaires et les gouvernements. Ces négociations ne concernent pas les individus n’ayant pas respecté le cessez le feu de 1994. Ces arrangements procédent d’une logique de : « l’oubli et du pardon », en effet, ils comportent l’amnistie des personnes emprisonnées pour actes terroristes, meurtres et actes criminels réalisés pendant les « troubles » et nombre d’entre eux se sont vu accorder aussi l’immunité (c’est à dire l’impossibilité d’être à nouveau poursuivis et emprisonnés si l’ont découvrait d’autres actes criminels leur icombant pendant les troubles, même preuves à l’appui). Certaines familles ayant découvert après l’accord du Vendredi Saint la responsabilité dans le meurtre d’un de leur proche d’un de ces amnistiés n’ont alors pu engager aucune poursuite car il bénéficiait aussi de l’immunité.

Lorsque je demande à l’une de mes enquêtées (21 ans, protestante) si elle pense qu’un jour son pays marchera vers la paix elle répond :

 

« Non, en tout cas pas de mon vivant. Parce que c’est comme ça ici. Les gens continuent de se battre maintenant, des gens sont tués ou blessés et ils n’oublieront jamais. Et ces personnes dans l’IRA ou l’UVF qui ont fait explosé des gens, ou qui les ont tués d’une quelconque autre manière, même maintenant, ils ne peuvent pas être poursuivis. Le gouvernement veut qu’on oublie tout, il leur donne l’amnistie, l’immunité. Donc personne ne peut être poursuivi par rapport aux « troubles ». Et je pense que c’est absoluement stupide et que c’est n’importe quoi ! C’est la pire chose qu’ils aient jamais faite,  de laisser des meurtriers marcher librement. Et pour les gens ici, c’est comme si tu pouvais avoir tué dix personnes et ce n’est pas grave ! Tu ne seras juste jamais puni ! On te laissera tranquille et les familles des victimes n’obtiendront jamais justice. Et Tony Blair se fiche bien des gens en Irlande du nord, il voulait juste s’en débarrasser, c’est tout. Et tu vois maintenant, il y a toujours des émeutes parce que le gouvernement a poussé les choses un peu trop loin, et les gens ne sont pas contents… Les émeutes du début de l’année dernière étaient vraiment très mauvaises et on a vraiment cru que ça allait dégénérer gravement. Et je pense que nous pourrions voir la situation dégénérer très facilement, je pense vraiment… »

 

            Les gouvernements britanniques et irlandais conjointement avec les partis politiques nord-irlandais ont donc privilégié l’institution de la paix par l’oubli et le pardon des atrocités commises. On peut s’interroger aujourd’hui sur ces arrangements contractés avec les polices paramilitaires. En 1998, la contractation des accords de paix était l’objectif premier de ces gouvernements, quel qu’en soit le prix. La majorité de la population, même si elle s’était prononcée en faveur du processus de paix, était contre la négociation de celui-ci avec ces organisations terroristes. Les personnes que j’ai interrogées ont quasi unanimement condamné ces négociations et les arrangements qui en découlent. Nous savons aujourd’hui que le processus de paix a échoué, pas seulement à cause de la dissolution du parlement de Stormont mais aussi parce que le cessez-le-feu n’a pas été respecté et les actes de violence sectaire sont quotidiens, et l’on déplore encore aujourd’hui de nombreux actes de torture et de barbaries d’une grande cruauté. Cette violence là est peut-être encore plus vicieuse que celle que l’on pouvait voir pendant les troubles. En effet, elle s’est insinuée dans les pratiques sociales des gens jusque dans les actes les plus banals et aujourd’hui, elle est tacite.

            Cette observation nous améne aussi à un autre constat, qui est que finalement, même dans les négociations du processus de paix, les organisations terroristes restent les uniques interlocuteurs des gouvernements et imposent leurs conditions sous la menace d’une reprise des combats, et ce sont eux qui décident de la paix et de son application.

            L’oubli n’a donc pas été efficace en Irlande du nord et n’a aucunement conduit à la paix. De nouvelles dispositions ont été prises par les gouvernements avec l’aide des initiateurs de la commission : vérité et réconciliation en Afrique du sud comme nous le verrons dans la troisiéme partie.



[1] NORTHERN IRELAND OFFICE (NIO), 1998, « Policing and justice » in The Agreement, Text of the agreeement reached in the Multy-Party Negociations on Northern Ireland, (10 avril 1998), (Cmnd 3883), [Good Friday Agreement, Belfast Agreement]. Belfast : HMSO. P 26-28.

[2] NORTHERN IRELAND OFFICE (NIO), 1998, « Review of the criminal justice system » in The Agreement, Text of the agreeement reached in the Multy-Party Negociations on Northern Ireland, (10 avril 1998), (Cmnd 3883), [Good Friday Agreement, Belfast Agreement]. Belfast : HMSO. P : 29-31.

Par Julie - Publié dans : Anthropologie du conflit nord-irlandais
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Jeudi 28 septembre 2006 4 28 /09 /2006 18:54

 

     Mount Vernon road, Belfast. Loyalistes armés du troisiéme bataillon de Belfast Nord de l'Ulster Volonteer Force (UVF). On peut remarquer que le trottoir est peint aux couleurs de l'union jack, le drapeau britannique.

 

a)      Pression paramilitaire

       Il y a aussi le silence imposé par la violence des polices paramilitaires qui contrôlent les quartiers et bien souvent « font la loi ». En effet, ces polices paramilitaires sont très puissantes et générent beaucoup d’argent et d’armes. La PSNI[1] (Police service of Northern Ireland) décrédibilisée à la suite de plusieurs événements que j’évoquerai plus tard est très largement concurrencée par ces polices paramilitaires qui tendent à garder une image empreinte de valeur et d’autorité justifiée (presque légale). En effet, l’IRA bénéficie encore aujourd’hui pour beaucoup de gens en Irlande du Nord du statut de la véritable « Armée républicaine irlandaise » acquis pendant la guerre d’indépendance et s’affiche comme étant la résistance face à l’occupation et se pose en défenseur des droits des catholiques. Elle fait aussi pression à l’intérieur de la communauté catholique pour s’assurer de son soutien inconditionnel. En témoigne les différentes « quêtes » organisées sous des prétextes quelconques qui servent à remplir les caisses de l’IRA et qui s’apparentent plus à du racket.  

  Comme me l’explique un de mes enquêtés (catholique) : 

 

 

« Je me rappelle un jour nous étions rentrés dans ce bar, je n’y étais jamais allé avant, et dés qu’on est rentrés, j’ai compris où on était tombé mais on ne pouvait pas faire marche arrière… Il y avait des portraits de Gerry Adams et des martyrs de l’IRA partout sur les murs. Tu vois Bobby Sand et d’autres…On s’est assis pour boire une pinte et là, le barman est venu pour nous proposer de participer à une tombola pour gagner un portrait de Gerry Adams, au début, j’ai dit que je ne voulais pas, mais le barman insistait, et mon pote me poussait du coude et me faisait signe de me taire et de prendre un ticket. Alors j’ai dit : « un ticket s’il vous plait » en lui tendant deux livres, mais le barman m’a dit : « non non, je crois que tu n’as pas bien compris, tu vas me prendre un carnet ok ? » Je n’avais pas le choix, il y avait trois mecs costauds qui m’observaient au comptoir alors j’ai pris le carnet. C’était quand même 20 livres tu vois !! (environ 30 euros) Inutile de te dire qu’il n’y avait rien à gagner à la fin en fait. »  

 

 

       La pression des polices paramilitaires se fait aussi sentir par la violence physique comme en témoigne l’hôpital  Royal Victoria de Belfast qui ressence un nombre très anormalement élevé de blessures par balles dans les articulations, et dont les patients essaient de cacher l’origine.[2] Ces tires par balles proviennent le plus souvent des expéditions punitives que pratique encore l’IRA aujourd’hui et qui leur permettent de maintenir un climat de terreur mêlé à une forme de respect des valeurs religieuses et d’allégence à la cause de la libération de l’Irlande du nord. De même l’argent de la « protection money » sorte d’impôt prélevé par l’IRA dans les quartiers qu’elle contrôle (et qui sont marqués de signes explicites[3]) et qu’ils prélévent en échange d’une « protection » contre l’ennemi protestant. Comble de l’horreur, fin 2002, Harry McCartan, un catholique de 23 ans, a été « crucifié » par des paramilitaires unionistes, mains cloués aux montants d’une barrière, jambes fracturées, orné de clous dans la tête.

 

 

b)      Perte de confiance en la justice

 

       Ces pratiques sont bien connues de tous, mais elles sont passées sous silence. C’est une sorte d’ « omerta ». On me dira par exemple une fois : « un homme qui tire sur un autre homme armé et le tue, ça c’est ok. Mais torturer les gens qui n’ont rien fait, ça, ça ne devrait pas être autorisé.» (« shoudn’t be allowed ») . Cette simple phrase est extrêment révélatrice d’une sorte de confusion sur l’état d’esprit de cette personne par rapport à sa conception même de la violence et de la légalité. Lorsque je lui demandai de préciser, en exprimant des doutes par rapport au fait qu’il soit « autorisé » même en Irlande du nord, de tuer qui que ce soit en général, il m’expliqua : « ici nous sommes en état de guerre » (« In a state of war »), « il est normal de se défendre, la police ne fait rien contre eux tu vois, les mecs vont pas se laisser marcher dessus quand même ! »

       Il y a cette violence quotidienne, banale que l’on ne trouve même pas « remarquable » et puis il y a les actes de torture et de barbarie, les expéditions punitives, et autres opérations qui terrorisent la population afin de maintenir chacun dans ses rangs. Ce silence-là est celui imposé par la peur. Il y a très peu de chose dont on peut parler librement, on dit d’ailleurs en Irlande du Nord que la seule chose qui ne dépend pas de l’appartenance communautaire, c’est le temps qu’il fait. Il est d’ailleurs interdit de parler de politique dans bon nombre de lieux publics. (On peut voir dans les pubs par exemple des paneaux spéciaux prohibant les débats à caractère sectaire).



[1] La RUC (Royal Ulster Constabulary) ancienne police d’Irlande du nord a été remplacée en 1998 par la PSNI car elle était dénoncée par les catholiques comme discriminatoire à leur encontre. La PSNI aujourd’hui doit compter un nombre équitable de policiers catholiques et protestants dans ses rangs.

 

[2] Raimbeau Cécile, Novembre 2003, « Dans l’ombre de la sale guerre », La chronique, le mensuel d’Amnesty international France, n°204 : 12-13.

 

[3] Voir photos pages 83 et 84.

Par Julie - Publié dans : Anthropologie du conflit nord-irlandais
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Jeudi 28 septembre 2006 4 28 /09 /2006 18:40

 

 

Le silence participe de la construction et surtout de la perpétuation du conflit d’une maniére  tout à fait édifiante. Il est aussi un élément partagé par les deux communautés d’une égale manière. Il peut être parfois tout aussi explicite que des mots ou des actions concrètes c’est pourquoi il ne faut pas en sous-estimer la valeur. Lors de mes observations j’ai pu constater que le silence en Irlande du Nord se décline sous plusieurs facettes.

 

A) Négation, sélection et oubli

 

1)     Les choses dont on ne parle pas

 

a)      Des plages, des champs et des bombes

       On peut détacher effectivement plusieurs sortes de silence. Il y a celui lié aux nécessités de la vie sociale : on ne parle pas de la violence dite « normale » celle de la vie de tous les jours. Elle est parfois volontairement ignorée un peu comme si, si on ne l’évoque pas, elle disparaît. Personne ne semble entendre par exemple, les multiples explosions des grenades à main dans la rue voisine. On continue sa soirée au pub comme si de rien n’était. Lorsque je sortis pour voir de jeunes garçons lancer des pierres et des grenades sur des camions de police et rentrai de nouveau dans le pub pour en avertir mes compagnons, on m’a intimé le silence et l’un d’eux m’a dit « That’s the Boys[1], they’re having fun ! » (« Ce sont les Boys, ils s’amusent ! »)            

       Cependant, cette indifférence joyeuse n’est que feinte car nous avons par la suite pris un chemin différent pour rentrer (certains groupes n’étant pas dispersés). Il est bien vu dans les rangs de la population catholique d’afficher son soutien aux « Boys » en public (ou du moins devant certaines personnes) mais  on me confiera souvent dans l’intimité qu’on ne souhaite pas vraiment s’impliquer dans les actions violentes personnellement.

       D’une manière peut-être encore plus évidente, lorsque je demandais à mes enquêtés de parler de leur pays de manière spontanée, le conflit n’est jamais évoqué en premier. On me parle le plus souvent des aspects touristiques (jolies plages, falaises à perte de vue et autres monuments historiques.) Et peut-être ce qui peut paraître encore plus contradictoire compte tenu de la situation conflictuelle : de la sociabilité et de la gentillesse des habitants (« Ici ce n’est pas comme en France, on dit bonjour aux gens dans la rue, on se soucie de ses voisins… »). Ce n’est que plus tardivement dans la conversation que les éléments communautaires et conflictuels apparaissent, mais un peu comme au second plan. Je me suis interrogée sur la raison de ce silence (car il faut bien l’avouer, c’est le conflit qui m’a sauté aux yeux en premier, et pas les plages).

       Un des premiers éléments les plus importants est que le conflit est presque quelque chose de secret en soit. En effet, on n’aime pas en parler avec des étrangers. J’ai été moi-même plusieurs fois prise à partie parce que je « posais trop de question » et que je ne devrais pas « parler de tout ça » car je suis un « outsider ». On m’a aussi reproché de ne pas être capable de comprendre et de parler correctement de ce qui se passait dans le pays. On m’a dit que tant que je n’avais jamais vécu de guerre je ne pouvais pas rendre compte correctement de ce que j’observais car j’y appliquerai obligatoirement un jugement de valeur. Il faut ici préciser que la personne interrogée, partisante de la lutte armée anticipait chez moi un jugement de valeur que je n’avais pas formulé.

 

b)      Se montrer sous un meilleur jour

       Un autre élément qui pourrait expliquer ce silence sur l’évoquation même du conflit est le désir d’améliorer l’image de l’Irlande du nord. Désir d’une certaine partie de la population et du gouvernement britannique afin de relancer l’économie Nord-irlandaise à travers le tourisme et l’implantation d’entreprises sur le territoire. Cela faisait aussi partie de la campagne du gouvernement qui préparait le processus de paix dans les années 1990, où tout était fait pour minimiser le conflit et montrer une image positive du pays.  Il s’agit aussi de se défaire d’une image hautement négative qui colle à l’Irlande du nord et ses ressortissants comme me l’ont confié mes enquêtés, notamment lorsqu’ils voyagent en Irlande ou dans le reste de la Grande Bretagne et parfois à l’étranger.  

 

« Les gens se méfient de toi. Dés que tu dis que tu viens d’Irlande du nord ils pensent : Ha ! Tu es un terroriste alors ! Ils ne veulent pas de toi chez eux. Ils ne veulent pas de problèmes tu vois… Ils pensent qu’on a ça dans le sang, qu’on est tous rempli de haine et de violence… Mais c’est des conneries tout ça ! »

        Le conflit ne concerne pas les étrangers (qui ne peuvent pas « comprendre »), il se passe « entre soi » et ne concerne personne d’autre. Comme me l’explique l’un de mes enquêtés (protestant) dans la pure tradition du « telling » :

 

 

« Il faut que je te raconte celle-là, ça va te plaire ! C’était il y a deux semaines, je te l’ai déjà raconté ? Ha… Bon, alors tu vois, il y a deux semaines, ici, à Belfast, j’étais au pub à Shankill (quartier à forte tendance loyaliste) et on a entendu un grand splash dehors, il venait d’y avoir un accident. On est sorti avec d’autres mecs et on a vu que c’était une voiture de touristes italiens, tu vois le truc, et en fait, les pauvres, ils étaient perdus et tout paniqués. Le taxi qui les avait emboutis nous a expliqué que c’était de sa faute, qu’il ne les avait pas vus au moment de tourner. Les pauvres italiens ne comprenaient pas très bien l’anglais mais comme ils étaient tous secoués on les a fait rentrer dans le pub et on leur a offert un coup à boire ! Et puis, un des mecs avec qui j’étais leur a fait répéter plusieurs fois : « D’où venez-vous ? D’où venez-vous ? » alors, les autres : « Italie, Italie ! » Et puis, le mec, il a réfléchi un peu et puis il a presque craché sa bière et il nous a fait de gros yeux et il a dit : « mais en Italie ils sont catholiques non ? » On lui a dit « ben ouais ils sont catholiques, c’est sûr ! » Un autre mec a dit « ouais mais eux c’est des touristes, c’est pas les mêmes fenians[2] que chez nous tu vois… » Alors il a réfléchi un peu.. Je te jure ! Il a réfléchi et puis il a dit ok. Et il leur a payé un autre coup à boire ! Tu vois mon pays est fou, je te l’avais dit, je sais pas ce que tu cherches à comprendre, même moi je comprends rien ! »



[1] Nom donné au jeunes garçons qui rejoignent l’IRA.

 

[2] Voir note 1 page 1. Le nom de fenian est considéré comme une insulte lorsqu’il est employé par un protestant.

Par Julie - Publié dans : Anthropologie du conflit nord-irlandais
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Mercredi 27 septembre 2006 3 27 /09 /2006 17:34

 

 

a)       Systéme ségrégatif et lignes de paix

 

Le mode de vie ségrégatif a toujours plus ou moins existé en Irlande du nord, même pendant la colonisation, les protestants et les catholiques vivaient dans des quartiers séparés et les communautés se regroupaient déjà entre elles. La scolarisation des enfants s’est toujours faite par rapport à la confession et plus ou moins en accord avec le systéme britannique qui encourage le communautarisme. Cependant, il faut tout de même préciser que ce mode de vie « séparé », s’est très certainement amplifié à partir de la fin des années 1960 avec l’intensification des troubles et la construction des premières « peace lines », ces « lignes de paix » , des murs d’une vingtaine de métres de haut munis de grillages inclinés afin d’empêcher les jets de grenade. Le gouvernement britannique voyant la situation empirer et surtout échapper à son contrôle  et à la demande des populations elles-mêmes, s’est lancé dans cette construction des murs de séparation qui a donc dessiné des quartiers communautaires imperméables et largement compliqué la circulation dans les villes pour leurs habitants. Ces murs étaient réclamés par les population dans le but de se protéger d’un assaut par surprise de leurs ennemis. On continue aujourd’hui d’en réclamer la construction (Ardoyne, Glenbryn). Entre 1969 et 2003, vingt « peace lines » ont été construites dans les quartiers dans lesquels on recensait le plus de violence a motivation politique. Entre 1966 et 2001, un tier des meurtres se sont déroulés à moins de 250 métres d’une « peace line ».[1] En d’autres termes les meurtres sont étroitement liés aux endrois qui sont hautement ségrégatifs, proches d’interfaces (lignes de paix) et des milieux sociaux les plus modestes. La ségrégation, pourvue d’une démarcation physique dans l’espace permet de cibler les communautés catholiques et protestantes plus facilement.

 

 

 

 

 

b)       Ecoles confessionnelles

Toutes les personnes que j’ai interrogées sont allées (ou sont encore) à l’école de leur confession et les personnes adultes ayant des enfants ou projetant d’en avoir n’envisagent pas d’envoyer leurs enfants dans des écoles « mixtes » (dans le sens de la mixité communautaire) ou « publiques ». Envoyer ses enfants dans des écoles confessionnelles permet de transmettre et sauvegarder l’identité de la communauté. Actuellement 95% étudient dans des institutions religieuses distinctes, la majorité des enfants prennent conscience des symboles culturels et politiques dés l’âge de 3 ans.

Depuis quelques années, les manuels scolaires ont été révisés afin de concilier les points de vue, mais reste tout de même que les catholiques et les protestants n’apprennent toujours pas vraiment la même histoire, en tout cas, en ce qui concerne celle de leur pays.

 

D. (protestant) :

« Je me rappelle, quand je suis rentré au collége, c’était un collége qui était très réputé pour l’enseignement des matiéres scientifiques tu vois, et on s’est retrouvé avec une étudiante catholique, je pense qu’elle était bonne en math ou un truc comme ça alors ses parents avaient obtenu l’autorisation de la mettre dans cette école… Et je me rappelle très bien le premier jour de classe, le bruit courrait parmi nous qu’il y avait une catholique dans la classe, mais on n’était pas très sûr. Je me rappelle que mon copain m’avait tapé sur l’épaule pour me montrer une fille assise dérrière nous en me disant : « cette fille là, c’est une fenian ! » alors je me suis retourné, je te jure que c’est vrai, je me suis retourné et je l’ai regardé, et comme elle avait l’air normale, j’ai dit à mon pote : « mais non, elle peut pas être catholique, elle est normale ! » J’ai honte maintenant ! Mais en fait, je m’attendais à voir quelqu’un de vraiment différent, tu vois, avec les yeux rapprochés, et puis je ne sais pas, peut-être des cornes sur la tête ou un truc du genre ! Un truc du genre diabolique ! Qu’est ce qu’on était bêtes… Mais on n’en avait jamais vu avant tu vois et… Enfin maintenant je suis marié avec une catholique alors tu vois ! »

 

 

B. ( Homme, catholique) :

 

« Je devais aller jusqu’à l’école. C’est une drôle d’histoire d’ailleurs. Il n’y avait pas d’école catholique dans ma ville. Donc, je devais aller dans une autre ville pour aller à l’école. […] Pour je ne sais quelle raison, ils avaient construit cette grande école catholique dans un quartier très dangereux de Belfast. Et, peut-être que tu auras du mal à le croire mais cette école était construite en-dessous d’une grosse colline. Hé bien…quand je vins là pour la première fois, j’avais 11 ans. J’allais à cette nouvelle école qui avait des murs de dix mètres de haut tout autour, avec du barbelé au-dessus, et cette colline au-dessus. Le bâtiment scolaire était blindé alors, si une bombe explosait, les fenêtres se seraient brisées mais le bâtiment serait resté intact. Il y avait un gardien, les bus devaient rentrer dans l’école, passer les barrières et le gardien, le gars qui ouvre et ferme les portes… il devait les garder fermées, elles étaient blindées aussi. Il y avait un terrain de football, enfin, de football gaélique. Quelques années avant que je vienne dans cette école, trois écoliers avaient été tués quand quelqu’un avait jeté une grenade sur le terrain. C’était un endroit très dangereux. Et puis, il y avait aussi des mecs d’une autre école, d’une école protestante. Ils étaient même plus jeunes que nous, je pense six ans. Ils étaient au-dessus de nous [ sur la colline] quand on jouait au football sur notre terrain et si un ballon passait par dessus la colline ils écrivaient dessus : « fenian bastards » « fuck the pope ». Un gamin de six ans…ouais… C’est le genre d’école que c’était.  […] Dans cette école beaucoup de catholiques n’avaient jamais rencontré de protestants, ne leur avaient jamais parlé. Moi j’étais ok parce que je vivais dans un quartier protestant et j’étais habitué à les voir tout le temps. » 

 

L’école étant le second lieu de socialisation (après la famille), on peut imaginer que le fait d’évoluer dans des structures séparées et différentes (l’enseignement n’y est pas tout à fait le même),  entérine des schémas de division ethnique chez les enfants et donc chez les adultes. La plupart des politiques gouvernementales depuis 1989 de réforme de l’éducation en Irlande du nord se sont basées sur des rapports d’études (« Schools apart ? », « Schools together ? », « Inter School links »[2]) qui se basent sur l’idée que le systéme scolaire nord-irlandais est bel et bien divisié et que cela génére de la haine sectaire et donc, qu’il faut tendre vers un systéme mixte.  Il faut cependant nuancer ce propos, car, il est difficle de prouver que la séparation des communautés a des conséquences néfastes ou que l’augmentation des contacts aurait des bienfaits tangibles. Il n’y a pas de relation de cause à effet direct entre le fait d’aller dans des écoles différentes et le fait de développer un sentiment de haine envers l’autre communauté.



[1] SHIRLOW PETER, septembre 2003, “Who fears to speak: fear, mobolity and ethno-sectarianism in the two Ardoynes”, The Global Review of Ethnopolitics, Vol. 3, no. 1. p 81.

[2] DUNN Seamus, 2000, « L’éducation dans une société divisée : le cas de l’Irlande du Nord. » Chapitre 6, in M. Mc ANDREW,  F. GAGNON, «  Relations ethniques et éducation dans les sociétés divisées », Paris, Montréal : p 118.

Par Julie - Publié dans : Anthropologie du conflit nord-irlandais
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